Domaine ALOHA

Après les carottes d'Aloha si chères à notre ami belge Hervé Lalau, je vous avais promis un "effeuillage" plus complet de la belle.

Nos deux amis de la Cellule Terroir ont donc re-pointé le bout de leur Kangoo armés de leur carte géologique et de leur grand couteau pour voir ce qui se passe sous mes petits ceps.
Trois coups de godet plus tard, voici une belle petite tranchée de 1m80 de profondeur, idéale pour chasser la galinette cendrée (des Inconnus)


Et voilà ce que cela donne vu de face:





Première photo, juste sous le cep, 30 cm de terre arable composée de limons et d'argiles.
C'est la que se trouve la matière organique servant à la nutrition notamment azotée de la vigne.

Deuxième photo, un deuxième horizon d'environ 60 cm de profondeur composé d'argiles assez grumeleuses, pas trop compactes et peu humides, permettant aux racines de le traverser. La matière est de moins en moins organique et de plus en plus minérale (c'est tout bon). 

Troisième photo, un troisième horizon d'environ 60 cm de profondeur composé de schistes
assez dégradé, en feuillets très fragiles, gris-bleu et rouge (présence de fer). Ceci est en fait le début de ce que l'on appelle la "roche-mère". Si on pouvait creuser plus profond, on ne trouverait que ce schiste mais de plus en plus dur car de moins en moins dégradé.

En fait, pour bien comprendre ce type de sol, il faut partir du bas et imaginer le schiste qui se dégrade en approchant de la surface. Chaque horizon que j'ai décrit est directement issu de l'horizon se trouvant sous lui.

L'avantage de ce type de sol est qu'il est assez drainant, ce qui évite les accumulations d'eau en hiver mais évite également à la vigne de souffrir en cas de sécheresse. D'ailleurs, à 1m80, nous trouvons encore des racines de vigne alors que sur d'autres terroirs, elles restent souvent dans les premiers 50-60 cm de terre.

L'autre richesse de ce terroir est en quelque sorte sa forte minéralité, indispensable pour faire des vins de qualité (à opposer aux terres très organiques, plutôt aptes à produire de grosses quantités mais moins qualitatives).

Bon, il faut que j'aille reboucher le trou, à plus tard -:) !!

Sam 21 mar 2009 1 commentaire
Article très intéressant, avec ses photos à l'appui.
Mon père avait également fait faire l'analyse géologique et physico-chimique d'une de nos parcelles plantée en ugni blanc (Côtes de Provence). Ca me rappelle des souvenirs...
Galinette - le 08/04/2009 à 19h59