Partager l'article ! GUIDE HACHETTE DES VINS !!!: Cette année, c'est la "Version Rosé" du domaine Aloha qui est récompensée. C'est toujours un plaisir de voir mon nom ...

A partir du 1 septembre: sur RDV
PORTES OUVERTES
Samedi 17 et Dimanche 18 Décembre 2011
10h-13h et 15h-19h
Sortie de la cuvée N°85 2009
TITRE :
Surfeur de vins
CHAPEAU
Juillet 2006, D38 entre les Sables d’olonne et Brem sur mer, entre marais et vignes ; un panneau qui sous d’autres hémisphères aurait paru anodin , sucite ma curiosité : ALOHA , DOMAINE VITICOLE, VINS DE BREM , DEGUSTATION A LA PROPRIETE … ??? Hélas , à l’époque je n’avais pas eu le temps de satisfaire mon étonnement et avais décidé de repousser ma visite à plus tard. Il y a un mois donc ( eh oui, quand on vous dit que le vin on doit l’attendre), je suis parti à la rencontre de « mon interpellation », qui ne fût pas trahie. Suivez moi , je vous emmène au bord de la mer….
CORPS
Aloha, vignes , vendée , vins ; autant de mots et de noms qui n’ont normalement rien pour cohabiter ensemble.Pas, pour Samuel Maignan, fou de surf , titulaire de son dno,( passé à Reims en 1998 tiens , tiens…) , œnologue conseil dans la région ouest, qui décide en 2005 de racheter 4 hectares de vignes pour réaliser et mettre en forme les grappes de sa réflexion , total contraire des fruits du hasard…
Car , rien n’est laissé au hasard :
Un nom :, Aloha voulant dire bienvenue du côté de Tahiti, pour bien marquer son attachement à la mer , à quelques encablures du domaine,
un travail : raisonné sur des vignes et cépages autochtones (gamay, cabernet franc , chenin).
Et surtout un formidable enthousiasme : pour travailler sur ces 4 hectares d’un seul tenant (base argiles et shistes).
C’est donc sur ce sol , à l’enracinement pouvant aller jusqu’à 3 m, qu’il élabore 7 cuvées, très représentatives de cette région.
Nous ne sommes bien sûr pas , sur des vins monstrueux de tannins et de chaleur , mais plutôt sur une gamme, où une place large est laissée à la fraicheur , sans pour cela que la matière et le corps soient absents.Des vendanges faites la plupart du temps , plus tard que l’appellation, lui permettent d’afficher une maturité au-delà de la moyenne locale , donc de gagner en matière.
Samuel se permet cependant de vous présenter deux gammes , une qualifiée de légère (sur le fruit et la fraicheur), l’autre plus complexe , laissant place à un travail d’extraction un peu plus important.
L’interêt de son travail réside dans le fait qu’il vous permet d’accéder à une gamme très cohérente et très représentative de ce que peut donner une belle vinification , sur des cépages simples, dans une région , plus connue pour ses marins du vendée globe et leur aptitude a boire de la bière ou du vin chaud , sur les quais de La chaume (quartier des sables de l’autre côté du chenal d’entrée au port)…
Partons maintenant vers la dégustation de trois de ses vins, son rosé , tout en gourmandise (60% pinot noir et 40%gamay), dirigeons nous vers son « l’âme de fond »(80% cabernet franc et 20% gamay), exprimant à mon avis le mieux l’expression du terroir (entre légèreté et tannins),et surtout parlons du « vent des bulles », sa méthode traditionnelle rosée comme une dédicasse à l région qui l’a formé il y a quelques années.
C’est marrant comme tout , c’est de la gourmandise à l’état pur , c’est crémeux des fruits gourmands avec des touches oranges sanguines.Pour moi ce vin mériterait un dosage un peu inférieur , mais bon , il ya des clients , et les goûts et les couleurs…
Finissons en, en posant un voile pudique sur son « remarquable Belharra »2006 ,composé à 80 % de cabernet sauvignon et 20 % de gamay…
Pourquoi ne pas en parler , malgré sa qualité ? Simplement par soucis d’éthique, consistant a rendre à césar ce qui appartient à césar*, donc en laissant la cabernet sauvignon aux bordelais …Si les Bordelais se mettent a faire du riesling , c’est le bordel ! Déjà que le vin c’est compliqué, alors SVP , les cépages autochtones chez les autochtones et les vaches seront bien gardées !
T’as compris Samuel ? C’est la dernière fois qu’on en parle , nous en « Champagnie » , on rigole pas avec ça, on en a a vu se faire tailler les oreilles pour moins que ça !
Cependant eu égard à ta sympathie , ton aptitude très Beach Boy a surfer sur la vague du terroir , sans pour cela surfer sur celle du « terroir caisse » , nous t’accordons la palme (bah oui c’est de rigueur), du viticulteur vendéen, en finissant sur une citation en patois local chaumois, pour ton vin blanc :
« t’as qu’a croire mon rate , ti fais un sacré vin qu’on boirait bien sur un branleur de maquereau »
Pascal Foucher (expert en gourmandises)
*Un peu de culture, pour signaler que le César est un cépage réservé à l’Irancy.